L’intelligence artificielle

L’intelligence, empruntée du latin intelligentia qui signifie « faculté de comprendre », désigne l’ensemble des facultés mentales permettant d’analyser des situations, de comprendre des choses ou des faits, afin de faire des choix ou d’élargir ses connaissances. Quant à l’adjectif « artificiel », il qualifie tout ce qui n’est pas naturel (ou l’est peu) ; tout ce qui est inventé, programmé, ou créé de toutes pièces.

L’intelligence artificielle, communément abrégée I.A., n’est en conséquence ni l’intelligence humaine, ni la cognition animale. C’est une forme d’intelligence « programmée » créée par l’homme et dotée de capacités intellectuelles comparables à celles des êtres intelligents (l’être humain principalement). Et du fait de l’ingéniosité de l’Homme, les I.A. sont décrites sous plusieurs formes et interviennent dorénavant à des niveaux variés dans un grand nombre de domaines : dont le domaine militaire.

Un concept militaire ?


Le champ d’action des intelligences artificielles est très large. Certaines I.A. interviennent par exemple dans les processus de gestion de fonds ou encore de sécurisation de données (matérielles comme les ressources pécuniaires, ou immatérielles, telles que les données logicielles). D’autres se comportent comme des systèmes experts d’aide au diagnostic. C’est le cas par exemple des « robots-médecin » capables d’intervenir lors d’un acte chirurgical. C’est d’ailleurs ce que fait Robodoc, un robot créé en 1992 et spécialisé dans les opérations de pose de prothèses de hanche qu’il effectue avec une autonomie impressionnante. On peut citer aussi les « robots-patient ». Aussi connus sous le nom de « mannequins », ils sont utilisés principalement dans la médecine urgentiste afin de tester, appréhender et évaluer les gestes appliqués directement aux patients lors des opérations. Les services militaires intègrent aussi des systèmes autonomes de commandement et d’aide à la décision. Ce qui leur permet d’alléger le travail aux militaires en automatisant par exemple la réalisation de tâches fastidieuses et parfois dangereuses telles que le port et le transport de charges. Ces systèmes comprennent aussi des drones, des avions de combats dont la cible, la trajectoire, ainsi que les actions, peuvent être automatisées. Ce qui apporte bien de réponses à plusieurs problématiques présentes au sein même du système militaire, à savoir principalement :

  • la diminution des risques humains : la substitution (partielle ou totale) des soldats par des technologies « intelligentes » entraînerait une baisse des pertes en vies humaines, mais pourrait à contrario impliquer des pertes financières considérables.
  • le rabais des dépenses financières : embaucher du personnel, ça coûte cher ; s’approvisionner en matière de technologies intelligences artificielles aussi. Les services militaires doivent donc trouver un compromis : la situation qu’ils jugent favorables pour eux. A fortiori, l’intervention de robots dans un environnement de combat difficile d’accès pourrait s’avérer être une stratégie infructueuse.
  • la polyvalence : la polyvalence, oui, mais à quel prix ? Une armée intervient souvent sur plusieurs lieux à la fois, chaque lieu ayant son propre relief, ses obstacles, ses dangers. Les soldats savent s’adapter et changer de lieu. Mais peuvent-ils toujours mieux faire que les robots ? Les éventuels robots utilisés peuvent-ils facilement s’adapter à plusieurs zones géographiques différentes ? Ou est-il nécessaire de les munir de différentes configurations géographiques, climatiques et topographiques ? Là aussi c’est une question de compromis : créer une complémentarité, une synergie, une synchronisation entre les actions des soldats et celles des robots.
  • l’efficacité des troupes d’attaque et de défense : une bonne armée, c’est aussi une armée capable de résister aux armées ennemies. Mais face à une armée de chars imposante et effrayante, que faire ? S’approvisionner en chars plus complexes et plus compliqués ? Cela pourrait s’avérer être une (si ce n’est la) stratégie gagnante. Mais du fait des contraintes économiques, cela pourrait s’avérer être une solution inenvisageable. On pourrait par exemple opter pour drones ou autres technologies du même genre.c

Une première synthèse


Une intelligence artificielle est une machine (un programme informatique, un robot, etc) s’adonnant à des tâches qui, jusqu’à nos jours, sont relativement bien exécutées par l’Homme. Et les domaines d’intervention des I.A. étant variés, on les classe dans deux familles principales. Ainsi, lorsque l’accomplissement d’une tâche par une I.A. requiert l’utilisation de processus mentaux de haut niveau tels que l’apprentissage, la prise de décision, le raisonnement, ou encore une impression de réelle conscience de soi, de « vrais sentiments », on parle d’intelligence artificielle forte. Dans les autres cas, on utilise plutôt la terminologie intelligence artificielle faible qui, elle, ressort plus d’une approche d’ingénierie, et n’effectue pas des actions pour lesquelles elle n’a pas été préalablement programmée. Elle est cependant capable d’apprendre, d’évoluer et de s’améliorer d’elle-même.