L’armée de Terre

 

L’Objectif de L’I.A.


L’intégration de l’intelligence artificielle pour l’armée de terre se décline en plusieurs objectifs pour contrer des problèmes courants. On y distingue trois catégories :

– Le premier est le soutien des armées : aider les soldats pour diverses tâches comme le transport des troupes et des blessés ou bien mettre en place un système de transport d’équipement.

– Le déminage et l’exploration à distance de zones sensibles comme les tunnels.

– Enfin, obtenir un armement plus sophistiqué et « intelligent » pour permettre une plus grande précision et donc efficacité.

Quelques exemples


Les aides au transport de matériel

Le matériel militaire fait partie des inconvénients principaux du front. Leur transport fatigue les troupes et nécessite une organisation supplémentaire. Le fait d’intégrer des robots à l’armée peut aisément palier à ce problème. Il existe déjà quelques exemples de robots de transport:

– le robot ACER
robot ACER

robot ACER

Ce robot peut exécuter diverses tâches lourdes : le transport de matériel, mais aussi le remorquage des véhicules accidentés. En y installant l’outil adéquat, il peut dégager les obstacles devant lui, désactiver les explosifs, retirer les mines anti-personnel.

 

– le Squad Mission Support System (SMSS)
le Squad Mission Support System

le Squad Mission Support System

Conçu par le leader mondial de la défense et de sécurité Lockheed Martin, ce véhicule sans pilote peut aller jusqu’à 40km/h et transporter environ 450kg de matériel. Il sert aussi pour évacuer les blessés. Il peut se déplacer de manière autonome en lui indiquant le lieu d’arrivée. Il peut aussi suivre un véhicule, être télécommandé ou piloté manuellement à l’aide d’un joystick qui se trouve sur le véhicule.

 

– BigDog

BigDog

Le problème principal de ces systèmes est leur capacité limitée à se déplacer sur des terrains difficiles. Ainsi, La DARPA (Agence américaine chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire) a financé le projet de Boston Dynamics pour la conception d’un prototype de transporteur d’équipement appelé BigDog (ou LS3).

BigDog sur le terrain

BigDog sur le terrain

De la taille d’une mule, BigDog s’aide de ses quatre pattes et de ses nombreux capteurs. Il peut se déplacer sur tous les types de terrain et éviter les obstacles qui se trouvent sur son chemin : arbres, fossés… Pour se déplacer, il est capable d’aller d’un point à un autre en se basant sur les coordonnées GPS de ces points. Il peut aussi suivre un leader, une personne équipé d’un dispositif que BigDog va suivre. Toujours à l’état de développement, les améliorations encore nécessaires concernent sa source d’énergie : un moteur à essence assez bruyant. Il existe aussi des variantes en développement : LittleDog, plus petit et plus léger pour surmonter les obstacles plus rapidement et Wildcat, une version plus rapide.

 

L’armement plus sophistiqué

 

Un autre rôle que commencent à avoir les robots est celui d’éliminer l’ennemi. Par exemple, le fusil XM25 de Alliant Techsystems dispose de balles « intelligentes ». Contrôlées par émission d’ondes radio, ces balles explosent une fois qu’elles ont parcouru une certaine distance. Le viseur du fusil est intégré d’un télémètre laser, un appareil qui permet de mesurer la distance d’un objet lointain. Le fusil envoie ainsi la balle en direction de sa cible. Une fois la distance parcourue, la balle explose telle une grenade.

– Le Sentry SGR-A1
Sentry SGR-A1

Sentry SGR-A1

D’autres IA sont plus autonomes dans ce rôle. Le Sentry SGR-A1 de Samsung est une mitrailleuse avec une caméra infrarouge. Cela lui permet de détecter une cible à 4km de distance. Elle dispose aussi d’un logiciel de tracking, elle peut donc suivre une cible en mouvement. Ces robots, installés sur des supports fixes, sont notamment utilisés à la frontière nord/sud de la Corée. Leur tâche est d’éliminer « tout ce qui bouge ». On voit aussi apparaître ce même type de machine à support mobile en développement par Northrop Grumman.

Des robots d’exploration

 

-iRobot
iRobot

iRobot

Le but de ces fameux robots d’exploration est d’explorer les structures adverses et de transmettre des informations. Très souvent, ces robots n’ont pas besoin d’une I.A. sophistiquée et sont plus amenés à être commandés par un opérateur. Les modèles les plus courants sont des robots plats montés sur chenille. Comme premier exemple de ce genre de robot, on peut citer l’iRobot. Ce petit robot de 18kg dispose d’un système GPS, d’une boussole électronique ainsi que de capteurs de température. Son processeur a été conçu pour résister au mauvais traitement. Il est capable d’aller à une vitesse de 13km/h et de résister à une chute de 6m de haut. Il est utilisé pour des missions de repérage et de lutte anti-terroriste. Les militaires, prenant avantage de la robustesse du robot, le lancent par une fenêtre pour ensuite l’utiliser pour espionner à l’intérieur du bâtiment. Et si le robot atterrit à l’envers ? Grâce à ses puissantes palmes sculptées, il est capable de se retourner. Celles-ci lui permettent aussi de gravir les obstacles. Il a aussi permis le repérage de tunnels construits par Le Hamas pour l’armée israélienne.

 

-Le TALON
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Le TALON

Comme autre exemple de petit robot, il y a TALON conçu par Qinetiq. Il est plus robuste qu‘iRobot. Il est amphibie, capable de monter les escaliers, de manœuvrer dans les décombres ainsi que de se déplacer dans la neige. En revanche, il est plus volumineux et plus lourd (45kg). Une autre caractéristique importante est sa polyvalence. Il dispose de plusieurs configurations, ce qui permet de l’adapter à la situation. Ce robot est souvent utilisé pour l’élimination des grenades, d’engins explosifs improvisés et autres explosifs dangereux.

L’avenir de l’I.A. dans l’armée de terre


En ce qui concerne l’avenir de l’intelligence artificielle appliquée, selon certains spécialistes comme Mr.Termier que nous avons interviewé, les robots tueurs ne sont pas prêts de voir le jour. L’intelligence artificielle autonome et douée de conscience n’est pas une solution envisageable pour l’armée pendant les prochaines décennies. Cela se justifie par la complexité de la mise en place d’une telle machine, notamment l’obtention d’une conscience pour la machine. Cette même conscience n’est d’ailleurs pas très utile à l’armée, ce ne serait qu’une fonctionnalité superflue. Une véritable hypothèse de futur développement résiderait plutôt dans l’amélioration des concepts d’armes déjà existants. Nous verrions alors des nouvelles machines de transport plus efficaces, capable de choisir elle-même l’itinéraire le plus optimisé…
Une autre facette de ce développement pourrait être liée aux simulateurs virtuels : le but serait d’entraîner le soldat à faire face à des adversaires imprévisibles en leur programmant un comportement aléatoire. L’entrainement sur le terrain ne permet pas aux soldats d’acquérir ce genre d’expérience, ce qui justifie cette avancée probable.

Les acteurs


Acteur Type Position Arguments
Human Rights watch Organisation Contre Soutenue par Jodie Williams, détentrice du prix Nobel de la paix en 1997, cette ONG a pour but de stopper les robots tueurs. Ils estiment que ces robots létaux autonomes ou RLA posent trop de problèmes éthiques, juridiques, moraux… L’armée, pour eux, nécessite un contrôle humain pour assurer une protection humanitaire et un contrôle juridique efficace.
Norvège Gouvernement Pour Eriksen Søreide, la ministre de la défense norvégienne s’est prononcée jeudi 23 octobre 2014 contre l’interdiction temporaire des systèmes d’armes létales autonomes, elle déclare qu’il est inopportun d’interdire le développement des RLA sachant qu’à l’heure actuelle aucun système ne peut recevoir ce qualificatif. Elle nuance tout de même son propos en disant que si le développement atteint un trop haut degré, il faudrait revoir les questions complexes sur la morale qu’engendre ces armes. La Norvège tient à respecter les conventions misent en place sur les armes.
Elon Musk scientifique, cofondateur de Paypal et Tesla Pour mais que dans le cas où son développement est encadré. Il s’est exprimé lors d’une conférence au Massachusetts Institute of Technology, le 24 octobre dernier: « Je pense que nous devrions être très prudents à propos de l’intelligence artificielle. Si je devais miser sur ce qui constitue notre plus grande menace existentielle, ce serait probablement ça », a-t-il estimé avant d’ajouter : « Avec l’intelligence artificielle, nous invoquons un démon ».